Spécificité de l’alimentation en triathlon

Publié le par joetriton

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Pour traiter de manière la plus complète ce sujet, nous allons analyser ensemble les contraintes que nous impose le triathlon dans différentes situations !

 

Natation:

 

Cette épreuve est la première des trois mais n’est pas la moindre ! Cette discipline présentée comme très technique n’en est pas pour autant dépourvue de besoins énergétiques ! La situation diffère, bien entendu, si on se trouve à l’entraînement ou en compétition ! Même sur les longues distances telles que celles qui sont couvertes lors d’un Ironman, il est quasi impossible de se ravitailler ! C’est pourquoi, il sera judicieux de s’appliquer à soigner son alimentation les jours suivant la compétition mais également les heures et les minutes précédant l’épreuve !

 

L’entraînement offre quant à lui plus de souplesse lorsqu’il est réalisé en bassin car vous pouvez vous réhydrater avec une boisson énergétique laissée au bord du bassin !

 

Une autre composante est à prendre en compte lors de vos entraînements : l’ambiance dans laquelle se déroule la séance ! Les piscines sont le plus souvent surchauffées et cela accentue votre déshydratation ! Et oui, même dans l’eau on transpire ! Cela peut également se retrouver en compétition lors des courses où la combinaison est autorisée ! Celle-ci offre un confort de flottaison au triathlète mais peut s’avérer en cas de températures trop élevées une véritable étuve ! L’énergie que votre corps va alors utiliser pour réguler votre température corporelle ne sera plus disponible pour alimenter votre effort !

 

Il est primordial de conserver une activité digestive minimale lors de votre effort ! Cette activité ne doit pas être trop importante mais doit exister ! Cela est encore plus vrai en cas de fortes chaleurs ! Dans le cas d’une activité physique intense par forte chaleur, il est possible de voir une absence d’irrigation sanguine ! Si cette ischémie dure et se répète trop longtemps,   des territoires nécrotiques vont alors apparaître tout le long de l’intestin ! Cela entraîne alors des troubles digestifs qui peuvent se manifester à l’effort mais également au repos ! Cela est d’autant plus grave que la sphère digestive représente 80% de nos cellules immunitaires ! Ces troubles digestifs peuvent alors être accompagnés de troubles immunitaires avec la fâcheuse tendance à « attraper » tout ce qui passe ! Nous verrons plus tard qu’un tableau clinique alliant trouble digestif récurrent et trouble immunitaire peut traduire un syndrome d’hyperperméabilité intestinale qui peut avoir des conséquences désagréables à long terme !

 

La partie natatoire ne demande pas de ravitaillement solide ! En effet, seul un ravitaillement liquide lors des entraînements est utile ! Il convient donc de choisir avec attention sa boisson énergétique et de s’assurer que cette dernière soit isotonique ou bien légèrement hypotonique ! Cela permettra d’éviter un phénomène de déshydratation par apport à une boisson trop concentrée ! En effet, l’organisme réagit de la sorte car pour traverser la barrière intestinale,  la boisson trop concentrée va devoir être diluée et cela va appeler un mouvement liquidien vers l’intestin ! Ce liquide n’est alors momentanément plus disponible pour maintenir un état d’hydratation suffisant ! L’osmolarité de la boisson utilisée doit donc être adaptée !

 

Vélo :

 

Cette partie-là doit être le moment privilégié par l’athlète en compétition pour parfaire son ravitaillement ! Cela est d’autant plus vrai que la distance à parcourir est longue ! L’effort cycliste est souvent propice aux déconvenues car si l’on ne se fie qu’à ses sensations, nous allons droit dans le mur !

 

Le vélo est un sport porté ! Il n’y a donc pas l’onde de choc comme peut le procurer la course à pieds ! Cela est un plus car la digestibilité du ravitaillement sera moins perturbée et devra permettre outre de passer l’épreuve cycliste sans trop de problème mais aussi de s’assurer un confort digestif et énergétique pour l’ultime épreuve de la course à pieds !

 

Il existe un écueil dans lequel il ne faut pas tomber ! En effet, le vélo étant pratiqué au grand air, la sensation de fraîcheur que procure le fait de rouler à vive allure peut très vite nous faire oublier la nécessité de s’hydrater mais aussi et surtout (lors d’épreuves de longue distance) de s’alimenter ! L’hydratation devra toujours se faire avec une boisson énergétique de votre choix, mais qui sera isotonique ou légèrement hypotonique en cas de chaleur importante !   Les besoins du triathlète en compétition sont variables d’une personne à l’autre, mais sachez qu’un état de déshydratation de l’ordre de 2% du poids corporel provoque une chute des performances de l’ordre de 20% ! Alors ? Vous n’êtes toujours pas convaincus que l’alimentation tient un rôle primordial dans la performance physique ?

Gardez également à l’esprit que tout comme on s’entraîne pour préparer une course, il faut s’entraîner à se ravitailler et ne pas hésiter à tester différentes choses et retenir celles qui vous sont favorables !

 

Concernant l’utilisation de gels énergétiques, celle-ci doit se faire de façon raisonnée ! Il ne s’agit pas d’injecter en grande quantité du sucre à l’état brut ! La prise de gel doit toujours s’accompagner de quelques gorgées d’eau de façon à retrouver une osmolarité du mélange proche de celle du milieu intérieur de façon à en faciliter l’utilisation par l’organisme ! Une ration énergétique trop concentrée peut malheureusement retarder la vidange gastrique et par conséquent l’acheminement des substrats énergétiques vers vos muscles!

 

Course à pieds:

 

Nous voici dans l’ultime volet du triptyque ! Les situations sont là encore différentes suivant que l’on soit à l’entraînement ou en course et plus encore suivant la distance sur laquelle vous vous êtes engagés !

 

Si nous considérons cette discipline lors de l’entraînement, il sera facile pour vous de prévoir un ravitaillement adapté à la sortie que vous avez prévu ! En deçà de 45 min, il n’est, à mon avis pas nécessaire de prévoir un ravitaillement solide, mais cela reste encore à l’appréciation de chacun et de l’expérience personnelle que vous avez de la pratique du triathlon ! J’insiste bien sur le fait que vos besoins sont personnels et ne sont pas les mêmes que ceux de vos partenaires d’entraînement ! Il existe lors de cette discipline une problématique particulière et spécifique à la course à pied qui peut être source de désagréments pour le triathlète ! L’onde de choc répétitive à chaque foulée peut créer un véritable traumatisme au niveau de votre sphère digestive ! Cela ne devrait pas trop handicaper les adeptes des courtes distances, mais peut s’avérer fatal pour les ironmen ! Là encore une fois, il est important de faire ses gammes à l’entraînement ! Tout comme vous vous entraînez à courir, entraînez-vous à vous alimenter ! Vous éviterez ainsi d’être confronté à l’inconnu et vous aurez connaissances des aliments que vous tolérez et ceux dont la digestion et l’assimilation vous est difficile voire impossible…

Lors de cette ultime épreuve, il est capital de conserver une activité digestive minimale mais suffisante pour maintenir un flux sanguin au niveau du système digestif !

Il faut également savoir que l’alimentation solide est plus facilement tolérée sur le vélo que sur la partie pédestre ! Par conséquent une connaissance parfaite de soit est nécessaire ! Souvent, sur longue distance les athlètes ont tendance à utiliser les gels énergétiques dès que débute la partie cycliste ! Certes cela peut s’avérer utile en début de parcours, mais les gels provoquent un écoeurement chez certains ! Si cet écoeurement vous poursuit jusqu’à la partie pédestre cela peut s’avérer problématique !

 

Publié dans Diététique

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